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Dermite estivale : et si la peau n’était que le messager d'un problème plus interne?


Prairie verdoyante au printemps avec herbe jeune riche en sucres solubles, période propice aux déséquilibres énergétiques et métaboliques chez le cheval.

Chaque printemps, les insectes reviennent… et avec eux, les démangeaisons. On incrimine les culicoïdes, ces petits moucherons actifs du printemps à l’automne. Pourtant, la piqûre n’est souvent que le déclencheur. La dermite estivale récidivante révèle surtout un terrain interne fragilisé.


Quand l'organisme "déborde"


Chez beaucoup de chevaux atteints, on retrouve une accumulation progressive de facteurs de surcharge : alimentation trop riche en sucres et en amidon (herbe jeune, prairies grasses, céréales), traitements chimiques répétés, eau de qualité médiocre, stress chronique, manque de mouvement…



Culicoïde en gros plan, petit moucheron piqueur responsable du déclenchement de la dermite estivale chez le cheval.

À la longue, l’équilibre du microbiote intestinal se perturbe. L’intestin devient plus perméable, l’inflammation s’installe. Le système immunitaire, stimulé en permanence, devient hypersensible et réagit de façon excessive à des stimuli pourtant mineurs.

Au contact des insectes, la réaction s’emballe : libération d’histamine, démangeaisons, inflammation, lésions cutanées.


Dermite estivale chez le cheval au niveau du garrot, zones dépilées et épaississement de la peau dus aux démangeaisons liées à la DERE.

On peut comparer cela à un véritable embouteillage métabolique sur l’axe intestin–foie–reins. Si ces organes d’élimination sont dépassés, la peau — elle aussi émonctoire majeur — prend le relais. Elle devient une voie de sortie secondaire des déchets internes.

Les symptômes cutanés sont alors un signal d’alerte : le corps cherche à s’exprimer.


Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les chevaux rustiques, au métabolisme lent, sont souvent les plus touchés. Conçus pour une alimentation frugale, ils saturent rapidement avec l’herbe riche du printemps, particulièrement chargée en sucres solubles. Si l’on ajoute des compléments riches en sucres ou en amidon, la surcharge s’accentue.



Dermite estivale et MTC


Symbole Yin Yang représentant l’équilibre énergétique en Médecine Traditionnelle Chinoise, principe fondamental du shiatsu

En Médecine Traditionnelle Chinoise, le printemps correspond à l’élément Bois et à l’énergie du Foie : une énergie ascendante, dynamique, expansive.


Si le Foie était déjà surchargé pendant l’hiver (alimentation riche, manque de mouvement, accumulation), cette montée printanière peut devenir excessive. Il se crée alors ce que l’on appelle une Chaleur-Humidité interne : un mélange d’inflammation et de stagnation. Cette surcharge cherche une issue et peut s’extérioriser par la peau.


Mais le Foie n’agit pas seul.


La Rate, responsable de la transformation des aliments en énergie (Qi), travaille normalement en harmonie avec lui. Lorsque le Foie devient trop fort, il “oppresse” la Rate. La digestion ralentit, l’énergie est moins bien produite, l’humidité interne s’accumule. Cela peut expliquer la prise d’état rapide au printemps et certaines manifestations inflammatoires, notamment articulaires.


Séance de shiatsu équin sur le dos d’un cheval gris pour rééquilibrer l’énergie et soutenir la santé globale.

Le Poumon entre également en jeu. En MTC, il gouverne la peau et régule l’énergie défensive appelée Wei Qi, notre barrière face aux agressions extérieures (insectes, pollens, variations climatiques).



Or, cette énergie défensive dépend du bon fonctionnement de la Rate (production) et du Poumon (diffusion). Si la Rate est affaiblie et que le Foie perturbe l’équilibre général, le Poumon ne peut plus réguler correctement la surface.


On n’est donc pas face à une immunité “trop forte”, mais à une immunité mal régulée, instable, hypersensible.


On observe alors un déséquilibre en chaîne :

  • un Foie en excès générant Chaleur et agitation,

  • une Rate affaiblie laissant s’accumuler l’Humidité,

  • un Poumon fragilisé ne protégeant plus correctement la surface.


Au printemps, lorsque s’ajoute le “Vent externe” (insectes, climat), le terrain déjà instable bascule plus facilement vers la dermite.

La peau n’est pas l’origine du problème : elle en est le messager.


Une approche globale plutôt que symptomatique



Lésions cutanées de dermite estivale sur la croupe d’un cheval, zones dépilées et inflammatoires dues à une réaction allergique aux insectes.

Apaiser la peau est utile, mais ne suffit pas si la cause interne persiste. L’objectif est de :

  • soutenir l’équilibre intestinal,

  • alléger le travail du foie,

  • favoriser une bonne hydratation,

  • adapter l’alimentation au métabolisme du cheval,

encourager le mouvement régulier


Certaines plantes, micronutriments ou acides gras essentiels peuvent accompagner ce travail de fond. Mais ils ne remplacent pas une régulation globale du terrain.


La place du Shiatsu


Praticienne en shiatsu équin réalisant une séance sur le dos d’un cheval gris en extérieur, travail énergétique pour soutenir l’équilibre interne et prévenir la dermite estivale.

Le Shiatsu équin agit au cœur de cette dynamique.

En harmonisant le Foie, en soutenant la Rate et ses fonctions et en renforçant le Poumon, il aide à réguler l’énergie défensive (Wei Qi) pour qu’elle protège la peau sans excès de réactivité.


L’objectif n’est pas de bloquer la réponse immunitaire, mais de restaurer l’équilibre : une digestion plus stable, une meilleure élimination des toxines, une circulation énergétique fluide et une surface cutanée mieux protégée.


La dermite n’est pas qu’un problème de peau. C’est le signe d’un organisme qui peine à s’adapter, qui se trouve en état de surcharge de travail.


En accompagnant le cheval avant et pendant le printemps, le Shiatsu soutient cette capacité d’adaptation naturelle et d'autorégulation de l'organisme et de ses fonctions — pour que la peau n’ait plus besoin d’exprimer ce déséquilibre. 🌿


Le shiatsu équin s’inscrit dans une approche préventive et complémentaire et ne se substitue pas à un suivi vétérinaire.

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